L'informateur

Ça ne sèche plus! par Michel Forget

Lors d’un dommage par l’eau, vous arrivez sur les lieux la troisième ou quatrième journée, vous faites vos tests d’humidité dans les matériaux et il n’y a pas de différence avec la veille. Pourtant, vous voyez très bien que vous n’avez pas atteint votre standard sec. Vos équipements ont été installés de la bonne façon et le client n’a pas arrêté les appareils (fiction).

Qu’est-ce qui se passe? Y a-t-il une source de dommage qui na pas été neutralisée? Les tests ont-ils été effectués de la bonne façon la dernière fois? Devrais-je changer de domaine? C’est pourtant la première fois que ça m’arrive!

Qu’est-ce que je devrais faire? Ajouter des appareils, tout laisser ainsi et m’enfuir avec mes équipements en disant que tout est OK. Surtout pas! En fait, il y a deux raisons pour lesquelles cela peut se produire : vous refroidissez les surfaces avec vos ventilateurs et la pression de vapeur à l’intérieur des matériaux est pratiquement la même que l’air ambiant.

Deux solutions s’offrent à vous.

1. L’assèchement indirect (la méthode longue). Vous devez retirer des ventilateurs et en laisser environ un par pièce que vous dirigerez vers le centre de la pièce ou que vous pouvez installer à un angle de 45 degrés vers le haut. Le but étant de créer une circulation d’air dans la pièce. Il faut laisser les déshumidificateurs en place. De cette façon, vous ne refroidirez plus les surfaces et l’humidité sortira naturellement des matériaux.

2. L’utilisation de la chaleur (la méthode rapide). Le but de cette méthode, est de diriger de la chaleur sur les surfaces qui ne sèchent pas afin de chauffer l’eau à l’intérieur des matériaux créant ainsi une grande pression de vapeur à l’intérieur de ceux-ci, ce qui forcera l’humidité à sortir du matériau.

Laissez-moi illustrer ce phénomène en le comparant à un matelas pneumatique. Premièrement, vous devriez savoir que la haute pression va toujours vers la basse pression afin d’atteindre l’équilibre. Plus vous ajoutez de l’énergie (chaleur) à une surface humide, plus vous chauffez l’eau à l’intérieur du matériau. Plus l’eau est chaude plus sa pression augmentera donc deviendra plus élevée que la pression de l’air ambiant. La pression de vapeur de l’eau étant plus élevée que celle de l’air ambiant fera que l’eau (humidité) sortira du matériau pour s’équilibrer avec l’air ambiant.

Je reviens avec mon exemple de matelas pneumatique. Lorsque vous gonflez un matelas, l’air est retenu à l’intérieur par les parois du matelas. Si vous ouvrez la valve du matelas, l’air sortira et non le contraire. C’est parce que la pression à l’intérieur du matelas est plus élevée que la pression de l’air à l’extérieur du matelas. Aussi, si vous décidez de dégonfler complètement le matelas, vous verrez que l’air sort très rapidement au début et que plus le matelas devient mou, moins l’air sort rapidement. Ceci est dû au fait que la pression à l’intérieur du matelas est maintenant presqu’égale à la pression à l’extérieur du matelas. Si je veux faire sortir tout l’air de mon matelas, j’ai deux choix : soit le laisser là et attendre que l’air sorte avec le temps ou le presser d’une façon ou d’une autre pour forcer l’air à l’extérieur.

C’est exactement ce qui se passe sur votre dégât d’eau. Les deux premières journées, l’humidité sort très rapidement des matériaux car la pression à l’intérieur de ceux-ci est beaucoup plus élevée qu’à l’extérieur. Cependant, lors de la troisième ou quatrième journée, le différentiel de pression étant moins élevé, l’humidité sortira beaucoup plus lentement des matériaux. Vous avez donc deux choix; soit laisser le temps faire (séchage indirect) ou presser vos matériaux (utilisation de la chaleur). L’application de chaleur sur les matériaux doit se faire de façon sécuritaire. C’est pourquoi il est recommandé d’utiliser des appareils conçus pour cette application. Consultez votre distributeur afin qu’il vous recommande les appareils disponibles sur le marché. Il est aussi très important de suivre les formations requises afin de bien utiliser les outils à votre disposition. Je vous conseille fortement de suivre les formations WRT et ASD de l’IICRC.